Auteur du site: Aziz ESSALAH. 2008
   
  Kenitra, Un Port, Une Ville: Quel Avenir?
  Monographie du GHARB
 
Région du Gharb-Chrada-Beni Hssen

Issue de l'ancienne région économique Nord-Ouest, la région du Gharb-Chrada-Beni Hssen couvre une superficie de 8.805 km2, soit 1,2% de la superficie totale du pays et comprend deux provinces : la province de Kénitra (4.745 km2) et la province de Sidi Kacem (4.060 km2. Ces deux provinces sont subdivisées e 61 communes rurales et 12 communes urbaines.
Elle est limitée au Nord par la région de Tanger Tétouan, au Nord-Est par la région de Taza-Al Hoceima-Taounate, au Sud-Est par la région de Fès-Boulmane et la région de Meknès-Tafilalt, au Sud par la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër et à l'Ouest par l'Océan Atlantique.
--- Caractéristiques du Cadre Naturel ---
Le territoire de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen est délimité par les collines pré-rifaines et les plateaux méridionaux qui s'ouvrent en un large éventail encadrant la basse plaine alluviale du Gharb vers laquelle convergent les trois systèmes hydrographiques du Beht, de l'Ouergha et le Sebou.
Les aires Pré-Rifaines coïncident approximativement avec l'unité structurelle "Manteau pré-rifain" qui abrite la ville d'Ouezzane. La partie Nord de cette zone est montagneuse avec des collines aux pentes élevées. Cette zone présente un grand risque d'érosion. La présence de synclinaux pendus comme ceux de Asjene ou de Bou-Hellal sont les exemples de la force de l’érosion. Ainsi et par sa situation cette zone ne recèle que de faibles ressources qui sont comptées parmi les plus fragiles.
  • La plaine du Gharb : située à cheval entre la province de Kénitra et celle de SidiKacem, elle s'étend sur une superficie de 4.200 km2 et se présente comme une immense plaine alluviale de basse altitude, formée en général, de dépôts du quaternaire. Cette plaine a la forme d'un triangle ayant pour sommets les villes de Kénitra, Sidi Kacem et Souk El Arbaa. Elle est séparée de l'océan par un cordon de dunes, hautes en moyenne de 60 m, qui n'est interrompu que par 1'embouchure du Sebou et la Merja zerga située au Nord.
  • La Maâmora, d'une superficie de 3.338 km2 , domaine du chêne-liège, est limitée naturellement au Sud par le rebord méridional de la zone d'effondrement géologique, qui se poursuit dans le Gharb et qui coïncide sensiblement avec la route Rabat-Khémisset. La Maâmora et le Gharb forment un seul système hyclrogéologique, sauf que le substratum imperméable de la Maâimora est moins profond que celui du Gharb. 
La région du Gharb-Chrarda-Beni-Hssen jouit d'un climat méditerranéen tempéré par l'influence océanique. En effet, la moyenne des températures maxima varie entre 22 et 23°C  et celle des minima entre 14 et 17°C.
L’ouverture de la région sur l’océan atlantique lui vaut des précipitations abondantes. Partout , elles sont supérieures à 400 mm sauf dans un petit secteur de la vallée du Beht, autour d'El Kanessra.
Au niveau régional, deux périodes pluvieuses peuvent être distinguées, au cours de l’année agricole :
• Octobre à Avril : c'est la période la plus pluvieuse (785 mm), soit 76% des précipitations annuelles) avec des valeurs modales en   Décembre;
• Mai à Septembre : c'est la période la moins pluvieuse, soit 24% du total des précipitations enregistrées au cours de l’année.
La répartition des orages, relativement régulière permet de distinguer, comme sur toutes les plaines littorales du Maroc, deux périodes orageuses, l'une printanière avec un maximum en Mars, l’autre automnale pendant le mois d'Octobre. Ces deux périodes sont séparées par un minimum très net en Juillet-Août.
Quant aux brouillards ils sont assez fréquents, surtout sur la côte et le long de l'Oued Sebou.
La région dispose également, d'un réseau hydrographique relativement important. Parmi les principaux cours d'eau, on cite :
  • L’Oued Sebou : avec une langueur totale de 614 km depuis sa source, il a à son amont les eaux de la rifaine (Oued Lebène et Oued Ouargha) et celles des crêtes (Oued Guigou, Oued Zlouh, Oued Mikkés), sans oublier l'Oued Inaouène qui vient de la région de Taza où il borde les régions moyennes-atlsiques et pré-rifaines. Aprés avoir traversé les collines pré-rifaines, le Sebou débouche dans la plaine du Gharb, où il va recevoir l'Oued Beht et l'Oued R'dom au Sud.
Le Sebou est la principale source d'eau fluviale de la région avec un débit annuel moyen de 137 m3/s. En hiver, la moyenne la plus élevée est celle du mois de Février (350 m3/s). La marée, qui fait sentir ses effets dans le cour inférieur du du fleuve, maintient dans cette section un volume d'eau suffisant même en été,   ce qui permet aux navires de remonter jusqu'au port de Kénitra.
 
Cependant, et malgré 1'étendue de son bassin (40.000 km2), le Sebou est caractérisé par une forte variabilité des apports à 1'échelle annuelle qu'inter-annuelle.
 
  • Le Beht est le deuxième Oued important de la région. Il draine un bassin d'environ 4.500 km2 et assure l’irrigation du périmètre de Sidi Slimane, d'une superficie d'environ 30.000 ha ;
L’Oued Rdom, affluent de l'Oued Beht, lui-même affluant du Sebou. Il draine un bassin versant d'une superficie de 1796 km2.
Concernant les ressources en eau souterraines, la région de Gharb-Chrarda-Ben-Hssen comporte deux unités aquifères : la nappe du Gharb et la nappe de la Maâmora.
 
  • La nappe du Gharb (environ 4.000 km2) située dans la partie centrale de la région et comprend deux systèmes aquifères superposés : la nappe profonde qui circule dans des sédiments sablo-argileux et la nappe superficielle, plus épaisse (8 à 15 m), de moindre importance. L’alimentation naturelle de ces nappes provient essentiellement de l'infiltration des eaux de puies, des infiltrations des oueds Ouergha et Sebou et de l’abouchement des écoulements profonds en provenance de la nappe Maâmora. Mais malgré ses énormes possibilités, cette nappe n'est pas trés exploitée. Les prélèvements qui y sont effectuées touchent principalement à l'irrigation de certaines fermes, à l’alimentation en eau potable des centres et douars et à l’industrie.
  • La nappe de la Maâmora située au sud de la province de Kénitra, constitue la principale ressource en eau de la région. Elle s'étend sur une superficie de 390 km2. La profondeur, pour atteindre l'eau qui est d'une excellente qualité, varie entre 5 et 30 m. Quantitativement, cette nappe est en mesure de pouvoir aux besoins en eau potable de la province cle Kénitra à très long terme. Cette nappe est actuellement exploitée pour l’alimentation en eau potable de la ville de Kénitra (17.500.OO0 m3/an) et les villes de Rabat et Salé, (environ 78,8 millions de m3/an).
Aspect Démographique
1- Les effectifs et leur répartition :
La population de la région du Gharb-Chrarda-Beni-Hssen s’élevait à 1.625.082 habitants en 1994 (RGPH) soit 6,2% de la population nationale. Ethniquement la population régionale se compose de tribus de Sefiane, Malak, Kholt, Beni Hsine et Chrarda.
La densité moyenne régionale est considérée parmi les plus élevées du Maroc. Elle est cinq fois plus élevée que celle enregistrée au niveau national (185 habt/km, dans la région contre 37 habt/km2 pour le Maroc). Cette moyenne cache cependant, des inégalités spatiales remarquables. En effet, si au niveau de la province de Kénitra la densité moyenne provinciale est de 210 habitants/km2 , au niveau de la province de Sidi Kacem elle est seulement de 159 habitants/km2.
Les communes rurales les plus densément peuplées sont celles qui sont situées à la périphérie des villes, sur les côtes atlantiques et celles qui disposent de terres riches et irriguées où la densité dépasse 200 habt/km2 , comme c'est le cas pour la commune rurale de Benmansour (250 habt/km2), Ouled Slama (218 habt/km2), Beni Malek (204 habt/km2).
Dans certains espaces, la pression démographique est si forte qu'elle dépasse 300 habitants/km2, comme c'est le cas pour la commune rurale de M'Saada (366 habt/km2 ) dans la province de Kénitra et la commune rurale de Zghira dans la province de Sidi Kacem (309 habtlkm2).
Pour ce qui est du taux d'accroissement annuel moyen, il est important de remarquer que le milieu rural au niveau régional a connu des taux d'accroissement annuels moyens plus faibles que ceux des milieux urbains, soit 1,7% contre 3,5%. Au cours de la période inter censitaire (1982-1994), c’est la population urbaine et notamment celle des petits centres qui a enregistré les taux les plus élevés, comme c'est le cas de Souk El Arbaa dont la population a passé de 25.057 habitants en 1982 à 37.216 en 1994, avec un taux d'accroissement de 3,3% et Jorf El Melha dont la population a augmenté de 7,6% en passant de 4.227 habitants en 1982 à 10. 187 habitants en 1994. Cependant, les localités qui ont enregistré des taux négatifs, sont moins nombreux (Oulad ben Hammadi -0,5%, Oued El Makhazine -0,5% et Kariat ben Aouda -0,6% dans la province de Kénitra). 
Cela nous permet de dire, que la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen, reste relativement ouverte et plus attractive que les espaces avoisinants. Le bassin migratoire des centres urbains de la région peut sensiblement varier d'une province à l’autre, mais reste à prédominance régionale et que 55% des flux dus à l'exode rural sont originaires de la région. Il faut signaler également, que 64% de la population migrante est attirée par la province de Kénitra.
2 – Structure de la population
La population de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen est jeune, prés de 40% de la population a moins de 15 ans et 54 % sont en âge d'activité. La population rurale est plus jeune que celle de l’urbain respectivement 44,3% contre 22, 1 %. Au niveau urbain, c’est toujours la province de Kénitra qui présente la structure la moins jeune avec 32,5%. En revanche, au niveau du milieu rural, c’est la province de Sidi Kacem qui a la structure la plus jeune avec 43,5%.
L’indice synthétique de fécondité (nombre moyen d'enfants par femmes) s’é1ève à 3,6 enfants au niveau de la région, soit un niveau relativement plus élevé que celui enregistré au niveau national (3,3). Selon la résidence, cet indice est de 2,6 enfants en milieu urbain et de 4,4 enfants en milieu rural.
Le nombre de personnes actives au niveau régional représente 32% de la population totale régionale. Toutefois, parmi cette population 83% sont effectivement occupées. Le reste, soit 17% de la population totale active se sont déclarées chômeurs. Ainsi, c'est dans la province de Sidi Kacern que l’on relève la proportion de chômeurs la plus basse soit, 17% de la population active, contre 18% dans la province de Kénitra (la moyenne nationale est de 16%).
Au niveau provincial, la répartition de la population active se présente de manière légèrement différente. Ainsi, la part des actifs recensaient au niveau de la province de Sidi Kacem est inférieure à celle enregistrée au niveau de la province de Kénitra, respectivement 29,7% et 33,4%.
Urbanisation, Habitat et Infrastructure de Base
La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen est à prédominance rurale, avec un taux d'urbanisation de 38,4% 51,4% pour l’ensemble du pays. Ce taux cache cependant une différence importante entre la province de Kénitra (46%) et la province de Sidi Kacem (27%).
Mais, malgré ce niveau relativement faible de l’urbanisation et la forte disparité entre les deux provinces, ces taux ont enregistré une augmentation de 10 points durant la période 1982-1994.
Ainsi l’armature urbaine régionale est composée d'une dizaine de centres urbains de différentes tailles : la ville de Kénitra avec une population qui dépasse les 100.000 habitants détient à elle seule 47% de la population urbaine de la région.
Autre, Kénitra, la région est structurée sur le plan urbain par les unités urbaines de taille moyenne (20.000-100.000 habitants) (Sidi Kacem 67.622 habitants, Sidi Slimane 69.645 habitants, Ouezzane 52.168 habitants, Souk El Arbaâ (37.216 habitants), SidiYahia du Gharb (29.965 habitants) et Mechraâ Bel Ksiri (23.876 habitants). Les autres centres considérés, comme urbains : Had Kourt, Dar Gueddari, Jorf El Melha ne dépassent guère 10.000 Habitants.
Kénitra est la principale ville de la région, par sa proximité de la capitale administrative, et de la capitale économique et industrielle, à côté d’un arrière pays forestier et surtout agricole aussi riche que le Gharb, elle connaît un essor démographique et urbain important malgré l’existence de centres satellites voisins qui pourraient alléger le poids de l’immigration, tels que Sidi Yahya du Gharb et Souk El Aarba.
Cependant, la ville d'Ouezzane qui avait un grand pouvoir d'attraction sur son territoire environnant, à cause de sa localisation géographique particulière entre le pays Jbala et la plaine du Gharb, connaît actuellement un déclin remarquable.
Par ailleurs, les structures de l’habitat sont sensiblement différentes selon les provinces ; ainsi, si le type de logement "maisons sommaires" ou     bidonville vient en second rang pour la province de Kénitra, avec 19,3%, c'est plutôt à la maison marocaine traditionnelle que revient la seconde place pour cette province, avec 18%.
Le type de logement « appartement » se place en troisième position pour la province de Kénitra, avec 6,9%, suivi par la « maison marocaine traditionnelle avec 4,3%. Enfin, les données laissent apparaître les faibles proportions des ménages occupant une villa ou niveau de villa dans les deux provinces, avec des proportions ne dépassant pas les 5%.  
En milieu rural, près de 68,5% des ménages de la région occupent ce qu'on appelle "un habitat de type rural". Ce type d'habitat l’emporte également dans les deux provinces de la région. Cependant, la province de Sidi Kacem se distingue par la proportion la plus élevée (80%).
Ainsi, au niveau de la région, 70% des ménages urbains occupent un logement relié a un réseau d'eau courante, contre 5,5%, seulement pour les ménages ruraux et 75% des ménages urbains, contre 7% des ménages ruraux, occupent un logement pourvu d'électricité. Ainsi, les deux provinces de la région accusent des proportions inférieures à la moyenne nationale. En milieu rural où le degré d'équipement en eau courante et en électricité demeure très faible par rapport au milieu urbain, seule la province de Kénitra (5,5%) excède la moyenne nationale (4%). La province de Sidi Kacem a eu une très faible couverture en eau courante, soit 3,4%.
En somme, l'essor urbain régional est dû particulièrement à la promotion de petits centres ruraux au statut urbain entre 1982 et 1994. Ces centres constituent donc des plates-formes entre la campagne au sens strict du terme et les villes régionales.
--- Principales Activités Economiques ---
La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen dispose de potentialités économiques très diversifiées qui contribuent remarquablement au développement socio-économique de la région. Parmi ces atouts on trouve l’agriculture, l’industrie, la forêt, la pêche et le tourisme.
Le secteur primaire 
1-1-            L’agriculture :
La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen couvre une superficie agricole utile (SAU) d'environ 564.200 ha soit, 7% de la SAU nationale, dont plus de 50% sont irrigables. Avec 107.400 ha irrigués, la région constitue le périmètre d’irrigation le plus étendu du pays, soit 21,7% de la superficie nationale irriguée en grande hydraulique. Les parcours et l’inculte couvrent respectivement une superficie de 116. 100 ha et 77.244 ha.
C’est une région agricole, où se pratiquent les principales cultures traditionnelles, les maraîchères et les cultures industrielles comme le riz et les agrumes.
Ainsi, pour la céréaliculture et durant les cinq dernières campagnes agricoles (1992 – 1997), ce type de culture couvre en moyenne une superficie de 238.000 ha avec un rendement moyen de 13,7 Qx/ha. Quant à la superficie réservée aux cultures 1égumineuses, elle est, en moyenne, de 17.000 ha durant la même période.
Le tournesol est considéré comme la principale culture oléagineuse occupant la seconde place après les céréales avec une occupation du sol variant de 50.000 ha à 70.000 ha selon les compagnes et un rendement moyen de 6,4 Qx/ha. D'autres cultures oléagineuses comme l’arachide, le lin, et le colza, sont aussi pratiquées dans la région.
Les cultures industrielles qui se composent essentiellement de la betterave à sucre (15.500 ha environ avec un rendement de 277,3 Qx/ha) et la canne à sucre (8.300 ha et un rendement de 687 Qx/ha), se pratiquent sur une superficie de 34.500 ha (en 1996), soit 46,6% du total national.
Parallèlement, les cultures sous serres ne cessent de se développer comme les bananes, les fraises, les melons, les cornichons et les concombres. Quant à l’arboriculture, elle se pratique sur une superficie de 44.400 ha avec une prédominance des agrumes qui occupent une superficie de 18 400 ha environ.
Cependant, et suivant les disponibilités en eau d’irrigation, la riziculture est pratiquée sur une superficie de 8 000 ha, le rendement moyen à l’hectare est de l’ordre de 50 qx/ha.
Les cultures fourragères quant à elles, couvrent une superficie d'environ 17.000 ha qui permettent une production annuelle de 560.000 tonnes à   raison d'un rendement moyen de 33 t/ha.
Concernant l’élevage et les activités qui lui sont liées, on compte, en 1996 au niveau régional, 1.291.000 têtes dont 1.010.000 ovins, 19.500 caprins et 261. 500 bovins, dont plus de 60.000 vaches laitières.
Pour promouvoir cette production, l'accent a été mis sur le développement de la sole fourragère et la vulgarisation pour l'utilisation d'aliments nouveaux, tels que la mélasse, et les sous-produits des cultures pratiquées dans les périmètres irrigués (feuilles et collets de betterave, feuilles et bouts de canne... ). Ainsi pour la production laitière, on note l'existence de 72 centres de collecte de lait d'une capacité totale journalière de 175.860 litres.
Donc, le secteur agricole de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen occupe une place de choix dans son économie. Mais, malgré l'effort déployé à savoir la mécanisation, la sélection des semences, l’usage de nouvelles techniques de labour…, les rendements par type de culture restent, d'une manière générale, liés et influencés par les conditions climatiques.
1.2. La forêt :
Dans la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen la forêt naturelle couvre une superficie de près de 46.600 ha, auxquels il faut ajouter 91.534 ha reboisés. Ce total (138.134 ha) ne dépasse pas les 1,5% des forêts du pays.
La province de Kénitra dispose à elle seule d'une superficie de 121.282 ha, soit 87,8% de l’ensemble de la forêt régionale. Quant à la province de Sidi Kacem, la superficie forestière n'est que de 16.852 ha, soit 12,2% du total régional.
Le chêne-liège demeure le plus dominant dans les deux provinces de la région. Au sein de cet ensemble la forêt de Maâmora est par bien des aspects, la plus importante. Elle s'inscrit dans un rectangle de 68,6 km de long et 38,2, km de large, avec Rabat à l’angle Sud-Ouest et Kénitra à l’angle Nord-Ouest. Sa superficie est de 133. 853 ha dont 116. 000 ha dans la province de Kenitra et 13. 605 ha dans la wilaya de Rabat.
Son rôle est double économique et écologique :
  • Économique par les principaux produits exploités (le bois de chauffage, le charbon, le liège et enfin le fourrage);
  • Écologique, la Maâmora forme un écran vert qui assure la protection contre l'ensablement aussi bien des agglomérations de Rabat, Salé et Kenitra que des terres irriguées du Gharb.
En somme, la Maâmora contribue dans une large mesure au développement des deux régions dont-elle fait partie.
1.3. La pêche :
La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen dispose de potentialités importantes dans le domaine de la pêche maritime : un port et quelques sites de débarquement et plusieurs marins pêcheurs exercent leur activité au moyen d'une flotte composée de 28 chalutiers, 12 sardiniers et environ 200 barques. Le tonnage réalisé, en 1996, par cette flotte s'élève à 2.020 tonnes, destinée en totalité à la consommation locale.
La pêche au niveau de la région est composée de 41 % de poissons blancs, 5 1 % de poissons pélagiques et 8% des invertébrés benthiques. Cette pêche à une valeur commerciale de 17,3 millions de Dirhams.
En plus de la pêche côtière pratiquée le long des côtes de la région, il y a lieu de citer le secteur de la pêche artisanale qui prend, progressivement, une grande importance tant sur le plan économique que social. Cependant, son développement se heurte à des difficultés liées essentiellement à l'insuffisance de protection des sites de débarquement et le manque de locaux pour abriter le matériel.
2- L'industrie :
La promotion de l'investissement industriel dans la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen, qui a été possible grâce à la mise en place d'importantes zones industrielles, surtout dans la province de Kénitra a contribué à la dynamique de ce secteur.
Ce secteur dans le cadre duquel on compte 203 établissements dont 166 unités se trouvent dans la province de Kénitra et emploient  10 566 enmployés permanents, soit 3% de l'ensemble des employés du secteur au niveau national. La répartition des établissements selon la taille montre que 62% des unités sont de petites tailles (5 à 20 emplois). Quant  aux grosses unités (plus de 200 emplois), ne représentent que 6% du nombre total des unités industrielles et emploient plus de 60% de l'effectif des emplois permanent.
Le tissu industriel au niveau de la région est dominé par les industries alimentaires qui représentent 22% de ce tissu  et réalisent 96,4% du chiffre d'affaires du secteur.
En plus de l'agro-industrie (rizeries, sucreries, minoteries...), le tissu industriel de la région est constitué également, de grandes unités dans le domaine de textile, du carton, des conserves de poissons et des petites et moyennes industries de mécanique.
L'industrie du papier carton est placée en tête des unités génératrices d'emplois, surtout à Kénitra, et réalise le deuxième chiffre d'affaires au niveau de cette ville après celui de la Régie du Tabac.
Le secteur du BTP, qui emploie 4,5% de la population urbaine active occupée de la région, est représenté essentiellement par les deux grandes entreprises SATCO et SAHEH.
La production industrielle est estimée à environ 7 milliards de Dhs en 1998 dont 56% est représenté par le secteur agroalimentaire. Le secteur électrique et électronique, même avec une augmentation de 33% par rapport à 1996, ne représente qu'une part inférieure à 1%. Les autres branches participent à 65% dans la production industrielles totale de la région.
Près de 19% de cette production est destinée à l'exportation. Ainsi, 66% de ces exportations sont constituées par les produits chimique et para-chimique. Il est à signaler également, que 95% de la valeur de ces exportations proviennent de la province de Kénitra, tandis que la quasi-totalité de la production de la province de Sidi Kacem est destinée à la consommation locale.
La ville de Kénitra constitue donc, la pôle de concentration industrielle de la région. Pour certaines branches d'activités, la ville de Kénitra concentre 90 à 100% des établissements industriels notamment dans les secteurs de textile, industrie du bois, l'industrie métallique métallurgique et électrique, industries du papier et carton et l'industries des articles en plastic.
Quant au secteur des industries agricoles, la part de Kénitra n'est que relativement élevée puisque la majeure partie de grandes unités industrielles ont été installées sur les lieux de production comme les sucreries et les rizeries.....
3- Le Tourisme
La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen présente des atouts touristiques importants. En effet, elle dispose d'un littoral long de 140 Km avec de belles plages dont les plus appréciées demeurent celles de Mehdia et de Moulay Bousselham, Bikmeur et Merse Lghnem....
Sur le plan environnemental, la province de Kénitra abrite les deux zones humides les plus importantes du pays, Merja zerga qui couvre 70 Km2 et Sidi Boughaba. Ces deux sites sont inscrits sur la liste de la convention relatives aux zones humides d'importance internationale (RAMSAR), que le pays a ratifié en 1980. Ainsi, le littoral de la région constitue un espace vital pour une dizaines d'espèces très rares. Un grand nombre d'oiseaux vivent dans les 17 sites d'intérêt biologique et écologique littoraux   de la région (zones humides, côte rocheuse, îlots et plages).
Les milieux dunaires littoraux et les plages de la province de Kénitra constituent une richesse touristique considérable par la beauté du paysage naturel qu'ils recèlent. de même, les massifs de chêne liège qui couvrent une bonne partie du territoire de cette province sont considérés comme un e richesse nationale d'une grande importance sur le plan socio-économique.
La région est également le théâtre  d'un nombre important de moussems à caractère religieux et folklorique et dispose de réserves de chasses à Arbaoua, et à Kariat Ben Aouda, couvrant respectivement 35 000 ha et 1 500 ha. Ces réserves sont fréquentées par un nombre important de chasseurs.
Cependant, en matière d'hébergement, la région ne comporte que 45 établissements hôteliers pour une capacité de 1504 lits, soit, respectivement 2,8% et 1,2% de la capacité nationale. Pour les hôtels classés la région possède 11 établissements avec 829 lits. Ceci représente 2,1% de l'ensemble des hôtels classés du pays et seulement 0,9% des lits.
Concernant les hôtels non classés, ils sont au nombre de 34 avec une capacité de 675 lits. Il convient de signaler que ces équipements ne sont pas répartis sur tout le territoire de la région, et sont localisés surtout dans la province de Kénitra.
 
Infrastructures et Equipements
1- Infrastructure de base
1.1 Infrastructure de communication
Le cadre naturel a fait de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen un lieu de passage entre le centre du Maroc et le Nord et entre le Maroc oriental et le Maroc occidental. Cette situation explique à elle seule la morphologie des voies de communication principales existantes. Cette position stratégique a fait de la région un carrefour routier et ferroviaire de premier ordre.
1.1.1 Le réseau de transport routier
La région est traversée par deux grands axes routiers : l'axe Nord-Sud (route Nationale n°6, la route Nationale n° 1 et l'autoroute Kénitra Larache) et l'axe Est-Ouest (RN n° 3). Le premier axe relie Sidi Kacem à Meknès (46 Km) au Sud à Souk El Arbaa du Gharb (61 Km) au Nord d'un côté et de l'autre Souk El Arbaa à Rabat. Le second axe relie sidi Kacem à Kénitra (84 Km) à l'Ouest et Sidi Kacem-Fès, par Zeggota, à l'Est (77 km).
D'autres routesNationales et régionales permettent des interconnexions régionales importantes. Comme la route Nationale n° 28 reliant Ouezzane, Aïn Defali-Jorf El Melha, Zeggota à Sidi Kacem, à Meknès, à Fès, et à Chefchouen.
Au niveau régional, ces routes totalisent un linéaire de 154 km d'autoroute, de 313 Km de routes Nationales, de 367 Km de routes régionales et 2 488 Km des routes provinciales dont 1016 Km revêtus.
La situation géographique de la région, en fait un lieu de passage obligatoire pour les connexions terrestres internationales. Ceci est la cause, surtout pendant l'été, d'importantes congestions sur les routes. Congestions qui augmentent dans certaines cas, à cause des caractéristiques géométriques des dites routes qui ne sont pas adéquats pour supporter les trafics de pointe. Les endroits où le trafic est le plus important sont les trançons Kénitra-Rabat, Sidi Kacem-Meknès.
1.1.2. Le réseau ferrovière
Le chemin de fer n'a pas une grande implantation régionale. Il s'agit d'un axe Nord qui lie Tanger à Sidi Kacem et d'un autre transversal qui va de Sidi Kacem à Kénitraa. Tous deux sont pratiquement parallèles aux grands axes des routes. Le premier est à voie uniquement électrifie  le second présente un premier tronçon électrifie et à doubles voies (Kéniotra-Salé).
Ces deux voies desservent plusieurs gares dont les plus importantes sont : Kénitra, Sidi Slimane, Sidi Kacem, Méchraâ-Belkssiri, Jamâa des Haoufat, Tihili, Msâada et Souk El Arbaa.
La gare O.N.C.F. de sidi Kacem constitue la principale installation de la région. Cette gare qui regroupe un complexe de triages comporte 18 voies dans sa partie la plus large, ainsi que plusieurs dépôts et hangars destinés principalement à la réception et à l'expédition de divers produits et marchandises. La S.C.P. la COMAPRA ainsi que l'usine ONE sont desservie par des voies spéciales.
1.1.3. L'infrastructure portuaire
Le port de Kénitra, l'unique port fluvial du Pays, se situe sur la rive  gauche de l'Oued Sebou à 17 km de son embouchure, quant à l'avant port de Mehdia, il est situé près de l'embouchure de l'Oued sebou. Cette embouchure est canalisée par deux digues coubes parrallèles, respectivement de 1890 m et 1850 m. Les surfaces disponibles pour les deux ports représentent respectivement 4,95 ha et 1,65 ha.
Ce port dispose d'une cale de halage de 400 tonnes, équipée de chariots et treuils. Il est desservi par la route Nationale n°1 et par les lignes ferrovières allant vers Fès et Tanger. Il dispose également d'un embranchement particulier pour wagons citernes et deux voies sur le quai. Ce port fonctionne sous le régime de l'aconage libre. La manutention est y est de l'ordre de 400 000 tonnes/an.
Le port de Kénitra a joué pleinement son rôle depuis sa création, et toute l'infrastructure économique et urbaine de la ville  en particulier et la région en général a été basée, en premier lieu, sur ce port fluvial. Ce dernier,  connaît actuellement, un certain nombre de difficultés dont notamment des contraintes techniques qui ont été à l'origine de la dégradation de son activité.
Les conditions d'accès difficiles en raison d'une barre à franchir à l'embouchure du Sebou rendent compliquée l'entrée des navires. Ce qui constitue un handicap majeur pour le fonctionnement du port et contribue à la stagnation du trafic. Ainsi une grande partie du trafic se trouve actuellement, détournée vers d'autres ports, notamment Casablanca et Tanger.
1.2. Les Barrages
Ces équipements, vitaux pour l'économie régionale, permettent la régularisation des cours d'eau, la réduction des risques d'inondation, et la production de l'eau potable et de l'énergie électrique.

Le premier barrage moderne implanté dans le territoire régional remonte à 1935 (barrage El Kansera). Il s'agit d'un barrage de 273 Millions de m3 de volume, réalisé sur Oued Beht prés de Sidi Slimane. Ce barrage peut actuellement emmagasiner 290 millions de m3 d'eau destinée à l'irrigation et l'alimentation en eau potable de Tifelt et Khémisset, à raison d'environ 2,5 millions m3/an, et cela par le moyen d'une station de traitement et d'une conduite d'environ 40 Km.

On trouve aussi le barrage de garde Lalla Aïcha, qui a été mis en service depuis 1991, le barrage Allal El Fassi en 1992, qui permet l'irrigation de 26.000 ha au niveau du Gharb et le barrage El Wahda (1998), qui doit mettre fin aux inondations periodiques et catastrophiques que connaît la région.

Ces barrages permettront l'irrigation de 270.000 ha. L'irrigation des autres tranches (Première Tranche et Seconde Tranche) se fait par des pompages directs dans le Sebou, dont la régularisation partielle est assurée par le barrage ldriss 1er, construit sur l'Inaouen et mis en service en 1973, le volume annuel régularisé par ce barrage est de 840 millions de m3.

2. Equipements sociaux

2. 1. Equipements sanitaires

La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen est dotée de quatre hôpitaux dont deux provinciaux, un pour chaque province, et de deux polycliniques relevant du Ministère de la Santé Publique. Avec ces équipement sanitaires la région ne dispose que de 4% des hôpitaux du pays. S'agissant des Centres de Santé et des Dispensaires la région dispose de 86 unités (soit 6,2% du total national) dont 54 unités se trouvent dans la province de Kénitra.

Pour l'ensemble de la région on compte 1.038 tits, soit 4% de la capacité litière nationale. La province de Kénitra détient à elle seule 65% de la capacité litière régionale. Quant à la densité litière au niveau de la région, elle affiche un taux relativement inférieur à l'échelle nationale. En effet, elle est seulement de 62 lits pour 100. 000 habitants contre 99 lits pour 100.000 habitants au niveau national, avec une variation relative entre les deux provinces; elle est respectivement de 66 lits pour 100. 000 habitants pour la province de Kénitra contre 55 lits pour 100.000 habitants pour la province de Sidi Kacem.

La densité médicale de la région quant à elle, elle est de 1médecin pour 3.722 habitants contre 1 médecin pour 2.860 habitants au niveau national. Seule la province de Kénitra égalise la moyenne nationale avec 1 médecin pour 2.897 habitants contre 1 médecin pour 6.620 habitants au niveau de la province de Sidi Kacem.

Concernant l'effectif global de personnel paramédical dans la région, il est de 1.095, soit une densité de 7 personnes pour 10.000 habitants, avec une répartition différenciée entre les deux provinces, 8 personnes pour 10.000 habitants pour la province de Kénitra contre 4 seulement pour la province de Sidi Kacem.

2.2. Education

L'éducation et l'enseignement s'affirment de plus en plus, comme l'une des bases du développement économique et social.

Au niveau de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen, le taux d'analphabétisme de la population de 10 ans et plus est estimé à 58%, soit un taux proche de la moyenne nationale qui est de 55%. Ce taux cache en fait une nette différence entre le milieu urbain (36%) et le milieu rural (73%) et entre le sexe masculin (44%) et le sexe féminin (72%). En milieu urbain, les hommes enregistrent le taux d'analphabétisme le plus bas, soit 23 %. Ils sont suivis par les citadines avec 48%, soit le double de celui des citadins. En milieu rural, plus de huit femmes sur dix ne savent ni lire ni écrire, elles détiennent le taux d'analphabétisme le plus élevé, avec plus de 88%.

Au niveau provincial, on constate une forte disparité d'une province à l'autre. En effet, on trouve en tête la province de Sidi Kacem avec 62% suivi de Kénitra avec 55%. Le niveau élevé d'analphabétisme, au niveau de la province de Sidi Kacem, est dû essentiellement à l'analphabétisme des femmes rurales, qui atteint 87,7%, soit près de neuf femmes sur dix.

Concernant le taux de scolarisation qui est de 53% au niveau régional, il varie largement par sexe. En effet, si les garçons scolarisés enregistrent 65% les filles n'enregistrent que 41 %. L'écart entre les deux sexes paraît plus accentué en milieu rural (39%) qu'en milieu urbain (83%). Pour les deux provinces les citadins sont mieux scolarisés que les ruraux.

2.3.    Les équipements socio-culturels

Les équipements socioculturels (maisons de jeunes et foyers féminins) ont un caractère socio-éducatif. Ils sont destinés aux jeunes et à la population féminine.

La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen compte 18 foyers féminins pour prés de 595.120 bénéficiaires potentielles, soit un foyer féminin pour 33.000 femmes, âgées de 9 ans et plus. Pour ce qui est des maisons de jeunes, elles sont au nombre de 8 pour des bénéficiaires potentiels de 1,1 millions. Il en découle qu'il y a une maison de jeunes pour 138 000 jeunes âgés de moins de 30 ans, alors que la norme au niveau national est d'une maison de jeunes pour 20.000 habitants.

Au niveau provincial, la situation est assez différenciée. La province de Kénitra compte 9 foyers féminins pour un nombre de bénéficiaires potentielles de 360.000 femmes, soit 40.000 bénéficiaires par foyer féminin. Aussi, à Sidi Kacem on compte 9 foyers pour 234.000 bénéficiaires potentielles, soit une moyenne de 26.000 bénéficiaires par foyer.

Pour ce qui est des maisons de jeunes, Kénitra en compte 4 pour 664.000 utilisateurs potentiels, soit une maison de jeunes pour 166 000 jeunes. Ces maisons ne sont fréquentées que par 4.305 jeunes pour les activités normales et 48.861 pour les activités de rayonnement. A Sidi Kacem, on dénombre également, 4 maisons de jeunes pour 442.000 bénéficiaires potentiels, soit 1 10.000 pour une maison de jeunes. Les activités de ces maisons touchent 33.398 jeunes, dont seulement 1515 au titre des activités normales.

En somme, l'implantation des maisons de jeunes et des foyers féminins dans cette région est trés faible. Le milieu urbain bénéficie de l'essentiel de ces équipements, mais leur état ainsi que le nombre des bénéficiaires sont manifestement insuffisant. Cette situation est toujours plus défavorable pour le milieu rural.
--- Des activités économiques  mieux rentabilisées ---
1. La dualité frappante du développement  agricole
Malgré les efforts qui ont été entrepris, ces trois dernières décennies dans le domaine d'aménagement et de développement agricole dans la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen, on enregistre des insuffisances qui ont généré un ensemble de déséquilibres. En effet, la modernisation de l'agriculture a fait évoluer les mentalités et les pratiques d'une minorité d'agriculteurs, et que la payante : le paysannerie du Gharb reste dans l'ensemble marquée par une dualité frappante : le paysan de cette région est à la fois l'héritier d'un semi-nomadisme non encore oublié et un homme conscient du progrès. cette évolution a produit une double hiérarchisation :
·         Une hiérarchisation spatiale, liée au fait que les investissements et les équipements se sont concentrés dans la plaine, pendant que le reste de la région a été insuffisamment doté (Haut Gharb, Sahel et Gharb forestier), et continue de faire figure d'espace sous-développé;
·         Une hiérarchisation sociale inhérente au fait que les investissements ont bénéficié davantage à une minorité de grands exploitants, qu'à la majorité des petits et moyens agriculteurs, et que les travaux réalisés n'ont pas été accompagnés d'une refonte des structures foncières. Ces dernières demeurent régies par des statuts (collectifs et Guich) qui gênent la pleine exploitation du potentiel de la terre;
Cependant, la valorisation du potentiel irrigable de la région exige la prise en compte de la situation objective des structures agraires qui constituent une entrave à la mise en valeur agricole. Cette situation se caractérise en effet par :
·         La prédominance de la petite propriété;
·         Le grand morcellement des exploitations qui affecte leur viabilité;
·         L'existence de statuts fonciers tels que le collectifs et le Guich caractérisé par l'éxiguité des parts exploitées, et une jouissance temporaire et précaire de  la terre ne favorisant pas la stabilité nécessaire à une mise en valeur rationnelle. la persistance de la propriété collective n'incite guère les agriculteurs à investir pour améliorer les rendements;
·         L'absence de titre foncier qui entrave l'accès au crédit et limite l'investissement dans l'exploitation.
Aussi, l'état des structures agraires, associé aux possibilités techniques et financières réduites des petits exploitants conduisent à une sous utilisation des ressources et limitent d'une façon sérieuse la productivité.
Le renchérissement du coût de l'énergie a grevé le prix de l'eau et la non implication des bénéficiaires  dans la gestion des équipements mis à leur disposition.
Ainsi, l'insuffisance des moyens alloués jusqu'à présent à la maintenance  des équipements d'irrigation a entraîné  une dégradation des ouvrages.
Et enfin, la concurrence sur l'eau qu'exerce de plus en plus le secteur de l'eau potable et industrielle exige la recherche de l'économie de l'eau par une amélioration de l'efficience globale de l'irrigation.
2. Une industrie à mieux valoriser
De même le secteur industriel de la région se trouve confronté à certains problèmes parmi lesquels on cite :
·         Les difficultés de l'approvisionnement en matières premières, ce qui se répercute sur le taux d'utilisation des capacités de transformation industrielle et portant sur l'écoulement et la satisfaction des besoins du marché, comme c'est le cas de la rizerie et la laiterie (haute et basse lactation);
·         La concurrence d'autres pays exportateurs qui a des effets néfastes sur l'écoulement de certains produits et notamment les produits agricoles comme les tomates et les agrumes...;
·         La chute du trafic portuaire de la ville de kénitra, en faveur d'autres ports avec toutes les charges financières qui en découlent, présentent un handicap majeur pour l'activité industrielle de la région et notamment celle de Kénitra;
·         La saturation des quartiers industriels et/ou le manque de terrains industriels aménagés pour l'installation des nouvelles unités;
·         Le blocage lié au système institutionnel marocain en place, avec toutes les étapes par lesquelles doit transiter un dossier d'investissements avant de voir le jour;
Et enfin l'absence d'équipements frigorifique proche des lieux de production et l'insuffisance du transport réfrigéré des produits périssables des exploitations aux unités frigorifiques posent problèmes surtout aux grandes exploitations.
--- La dégradation du milieu naturel ---
La destruction des réserves naturelles
La forêt Maâmora connaît une dégradation inquiétante due à un dysfonctionnement de son écosystème. Des multiples facteurs vont à l'encontre de sa périnnité et sa diversité.
L'augmentation des usages et la pression sur la forêt dus essentiellement au surpâturage, 250 000 têtes de bovins et ovins séjournent toute l'année en forêt, d'où une surcharge équivalente à 4 fois la charge pastorale d'équilibre.
Le prélèvement délictueux de bois exercé par une moyenne de 17 000 foyers pour subvenir  à leur besoin en bois de feu et de charbon. L'ampleur du prélèvement, illicite de bois de feu pour le marché urbain avoisinant et les difficultés du contrôle d'un tel phénomène poséees à l'administration des eaux et forêts, rendent  illusoire l'arrêt de cette source de dégradation dangereuse.
Ce qui aggrave cette situation, c'est que dans la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen et notamment à Sidi Kacem, les Eaux et Forêts n'ont pas suffisamment  de terrains collectifs à reboiser en eucalyptus pour approvisionner l'usine de pâte à papier.
Globalement, la problématique  de la forêt dans la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen revêt un triple aspect :
·         Le premier est d'ordre socio-économique et se rattache aux prélèvements insidieux des besoins en bois et de ramassage des glands et truffes que le voisinage immédiat du marché urbain favorise;
·         Le second est d'ordre juridique et institutionnel insérant les droits d'usage de parcours ou autres. La faible participation communal au développement du secteur forestier, à côté du non respect de plans d'aménagement aggrave davantage la situation de la forêt Maâmora;
·         Le troisième est d'ordre foncier et qui résulte d'un besoin évident en terrains urbanisés que la situation particulière de la ville de Kénitra semble aggraver.
Concernant le reste des réserves naturelles et malgré les efforts de classement et de protection, elles restent sous une menace particulière, liée essentiellement aux équipements et à l'activité urbaine ou touristique et balnéaire.
--- Problèmatique du peuplement ---
1. Une urbanisation  non contrôlée
L'étranglement du tissu de la ville de Kénitra entre la boucle de sebou et la forêt Maamora, constitue un obstacle majeur à son développement spatial. En effet l'extension du tissu urbain de Kénitra apparaît fortement contrainte  par les restrictions qui l'empêche vers le Sud   sur  le territoire dominal de la forêt Maâmora où certains équipements publics se sont y déjà infiltrés comme l'Université Ben Toufail....
Ce qui aggrave la situation de cette ville, c'est que la majorité des extentions urbaines se sont développés de façon non suivie ni contrôlée, autour des noyaux historiques existants et que l'existence des terrains collectifs qui caractérisent la nature du foncier dans cette région favorise l'éclatement à plusieurs noyaux anarchiques et non réglementaires.
En revanche, la ville de Sidi Kacem qui a la particularité d'avoir une structure éclatée, mobilise pour son périmètre urbaine une très grande superficie (2.525 ha) qui dépasserait largement ses besoins même à moyen terme. Ces terrains agricoles, situés dans le périmètre urbain, sont soumis à des dégradations par des lotissements et constructions éparpillées et souvent non utilisés. De même les terres collectifs et le Guich favorisent le développement dun habitat clandestin sur une grande échelle, surtout le long de l'Oued R'dom et particulièrement du côté du centre de la commune du Zirara.
Quant à la ville d'OUezzane, qui, autrefois, a su tirer profit de ses relations régionales pour s'affirmer comme pôle dynamique est influent. Elle est actuellement très peu évoluée et son tissu économique reste très élémentaire. Les bouleversements intervenus pendant la période coloniale dans la société et l'économie marocaine et son retrait par rapport au principal axe de circulation lui ont été fatals.
La ville a connu, depuis, un recul de son influence religieuse et foncière, et une crise de ses assises économiques traditionnelles. cette crise due essentiellement à la désarticulation des rapports régionaux et aux difficultés du monde rural qui l'entoure :
·         Difficultés d'ordre physique, topographique, érosion, pauvreté des sols et sécheresse;
·         Facteurs d'ordre démographique, à savoir une forte densité et jeunesse de la population;
·         Facteurs d'ordre économique et juridique, inégale répartition des terres et faible accession à la propriété, parcellaire très compartimenté avec de faibles rendements, recul des activités traditionnelles comme l'artisanat rural et la manque d'unités de production et coopératives pour une mise en valeur de la richesse arboricole dont-elle dispose cette zone.
·         L'insertion difficile dans le marché du travail et la faiblesse des revenus.
·         Et enfin, le sous équipement des communes en matière de service scolaire et de services techniques d'encadrement. sont là autant d'handicaps face à une population sans  cesse en augmentation.
En somme, la plupart des villes de la région ne sont pas suffisamment ancrées dans leur environnement et souffrent d'une absence de maîtrise de la croissance spatiale. cette absence est mise en évidence d'un côté par le développement des formes d'habitat non normatives et de l'autre, par la fragilité des bases économiques dont elles disposent. Cela marque ces villes d'un cachet rural évident aggravé par les fléaux du chômage, du sous-emploi et la pauvreté.
2. Un milieu rural défavorisé et sous équipé
La distribution de l'équipement dans la région est caractérisée par une répartition déséquilibrée entre le milieu rural et le milieu urbain et elle est fortement concentrée dans ce dernier.
Ainsi, la dotation et la répartition géographique  de l'infrastructure, des équipements socioculturels et des centres de formation professionnelle des foyers fminins et de maisons de jeunes, sont en général, très défavorable en milieu rural. Cependant, c'est en milieu rural que la population connaît le plus de difficultés, soit au niveau de l'approvisionnement en eau potable, soit en matière d'équipement et d'infrastructure.
--- Conclusion ---
La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen dispose d'une richesse naturelle diversifiée, une côte poissonneuse, une terre arable et une pluviométrie importante. Tous ces éléments créent les conditions au développement d'une agriculture moderne et rentable, d'un secteur industriel substantiel pour le renforcement d'une base économique régionale soutenue.

Exception faite des rides pré-rifaines de Had Kourt, qui constituent un sous-ensemble à vocation agro-pastorale où prédominent les cultures céréalières avec un niveau de productivité relativement bas, cette zone est une aire potentiellement excédentaire en population et par conséquent sujette à des mouvements migratoires. La région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen et notamment la plaine du Gharb a une vocation de zone de cultures industrielles, de cultures oléagineuses et des agrumes. Le poids de ces secteurs dans les réalisations nationales en témoigne de cette vocation.

Cependant, et malgré les efforts qui ont été entrepris dans le domaine du développement agricole, la région du Gharb-Cherarda-Beni Hssen est toujours, confrontée à des contraintes qui handicapent son développement socio-économique. Parmi les plus frappants on signale :
·         Les inégalités de développement entre la plaine et ses périphéries et au sein de la plaine, entre le secteur moderne et le secteur traditionnel, entre les grands exploitants et la petite et moyenne paysannerie ;
·         La perte par la région de sa fonction de débouché naturel du bassin du Sebou, consécutivement au recul de la fonction portuaire de Kénitra. De ce fait, la région semble de plus en plus tourner le dos à la mer, dans un contexte d'ouverture particulièrement porteur ;
·        
Les problèmes liés à la gestion des ressources en eau, et notamment celles utilisées à des fins agricoles;
·         Les blocages liés aux structures foncières ;
·         La problématique de l'environnement;

Et, enfin, la question des villes et des centres urbains de la région et l'impérieuse nécessité de mieux les structurer, de les ancrer dans leur environnement et d'en faire des points d'appui d'un développement alternatif, intégré, respectueux de l'environnement.

De tous ces problèmes, celui lié à la gestion des ressources en eau doit
occuper une place nodale dans la réflexion sur l'aménagement du territoire régional. Dans cette région, en effet, l'eau a toujours été au centre de la vie humaine et de l'organisation de l'espace notamment dans la plaine du Gharb. Ce rôle n'a fait que s'affirmer parallèlement au développement de l'irrigation, de l'industrialisation et de l'urbanisation.
 
 

 
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